Panorama du Livre - Classique: Jules Verne (3), Mai 2005, Librairie - Cap 3000 - Nice, France
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Un classique : Jules Verne (1828-1905)
Mai 2005

Jules Verne : "Les Enfants du capitaine Grant" - Editions Le livre de poche , EAN: 9782253160885
7.50 

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Jules Verne : "Vingt mille lieues sous les mers" - Editions Bibliothèque Hachette, EAN: 9782012006218
18.80 

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Jules Verne : "L'île mystérieuse" - Editions Actes Sud & Ville de nantes, EAN: 9782742752676
21 

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Après le succès en 1863 de cinq semaines en ballon, Jules Verne affine son écriture sous la houlette attentive de M.Hetzel père et poursuit avec assiduité ses Voyages Extraordinaires. Parmi ceux-ci, trois textes - pourtant écrits à des années d'écarts - peuvent prétendre à se définir comme la seule trilogie des oeuvres de Verne : "Les enfants du capitaine Grant" (1867),"Vingt mille lieues sous les mers" (1869) et"L'Ile mystérieuse" (1874).

Trois oeuvres majeures d'un homme qui n'aimait : "que la liberté, la musique et la mer." (première partie)

La mer : une inépuisable source d'inspiration

"Tout fait événement en mer." Les enfants du Capitaine Grant

Est-ce de son enfance à Nantes – grand port français dans cette première moitié du XIXème siècle – que Jules Verne développa son amour pour la mer; ou bien de l'exposition universelle de 1867 où il découvrit – de même que 11 millions de spectateurs – à la fois les progrès en matière de recherche nautique et un aquarium géant ?...

Toujours est-il que la mer fut - pour ce voyageur atypique - plus qu'une source d'inspiration, une véritable muse, un "champ par excellence où s'exercent les forces humaines", comme l'exprime son premier porte-parole à ce sujet, Jacques Paganel dans "Les enfants du capitaine Grant".

Lorsque Jules Verne fugue et s'embarque comme mousse sur un long-courrier à l'âge de 11 ans et que – découvert par son père et obligé à rentrer chez lui- il déclare qu'il 'ne voyagera plus qu'en rêve' il n'imaginait certainement pas que quelques 30 années plus tard il passionnerait les lecteurs en racontant les aventures du mystérieux et fascinant capitaine Nemo et de son "bateau sous-marin" le Nautilus, véritable "poisson d'acier".

Fasciné par la Marine : on compte des marins parmi ses ancêtres, il n'aura de cesse de faire parcourir à ses héros des milliers de mille marins autour du globe tandis que lui-même se contentera de quelques voyages parmi lesquels une traversée transatlantique à bord du 'géant des mers' de l'époque : le Great Eastern.

Néanmoins, la fortune aidant, Verne réalisera - en partie - son désir de navigation en devenant successivement acquéreur et capitaine de trois bateaux; mais ce n'est qu'en 1877 et avec l'achat d'une goélette à vapeur de 33 m baptisée le Saint Michel III qu'il pourra véritablement naviguer sur les mers.

Des mers qu'il humanise : "La mer hurlait, comme si elle eût possédé la voix de ces écueils antiques animés par la mythologie païennes" (Les enfant du capitaine Grant) et encense tour à tour "La mer est tout ! Elle couvre les sept dixièmes du globe terrestre. Son souffle est pur et sain. C'est l'immense désert où l'homme n'est jamais seul, car il sent frémir la vie à ses côtés." (vingt mille lieues sous les mers). Jules Verne devient un véritable poète lorsqu'il évoque le pouvoir d'attraction de cet élément qui – à la fois frontière et porte vers un ailleurs – a de toujours fasciné les hommes.

D'ailleurs, notre auteur fait montre d'un sens de l'écologie qui – s'il est fort contrasté – n'en demeure pas moins louable dans ces années 1870.

En effet, si les textes de Verne sont ponctués de récits de chasse où l'on fait peu de cas de la souffrance des animaux : "il trancha la queue de l 'animal.(...) Le requin haletait encore ;(...) bientôt l'énorme poisson fut éventré à coups de hache, et sans plus de cérémonie." (Les enfants du capitaine Grant); ils sont aussi émaillés de remarques plus étonnantes : "Ici, ce serait tuer pour tuer. Je sais bien que c'est un privilège réservé à l'homme, mais je n'admets pas ces passe-temps meurtriers." et le capitaine Nemo de renchérir sur la nocivité des massacres inutiles : "En détruisant la baleine australe comme la baleine franche, être inoffensifs et bons, vos pareils, maître Land, commettent une action blâmable. C'est ainsi qu'ils ont déjà dépeuplé toute la baie de Baffin, et qu'ils anéantiront une classe d'animaux utiles."... ce qui ne l'empêchera pas de massacrer une bande de cachalot peu de temps après...

De même, Verne constate – déjà, hélas, à son époque – la dégradation du fragile équilibre de l'écosystème dû aux excès de l'homme par le biais de sa remarque sur la destruction des lamantins qui – massacrés – ne jouent plus leur rôle de 'vaches des océans' laissant de fait les algues s'accumuler et engendrer des humeurs fétides... d'où découlent la malaria et autres fièvres...

Mais avant tout et pardessus tout la mer chez Verne, c'est la quintessence de la liberté et l'infinité des possibles : "La mer n'est que le véhicule d'une surnaturelle et prodigieuse existence; (...) c'est l'infini vivant, (...)" (vingt mille lieues sous les mers).

Plus qu'un véhicule elle est le point de départ des explorations les plus ardues et des extrapolations les plus folles... une mine d'or pour un écrivain épris d'aventures... scientifiques !

La science au service de l'homme

"Vous parlez comme un livre, Paganel (...) - Et j'en suis un (...) Libre à vous de me feuilleter tant qu'il vous plaira." (Les enfants du capitaine Grant)

Fait frappant, chacun des romans de notre 'trilogie' dispose de son 'savant' :

Jacques Paganel– secrétaire de la Société Géographique de Paris – dans "Les enfants du capitaine Grant" est un scientifique loufoque et tête en l'air qui "après avoir passé vingt ans de sa vie à faire de la géographie de cabinet, a voulu entrer dans la science militante (...)".

Le professeur Aronnax – spécialiste des fonds marins – et professeur suppléant au Muséum d'histoire naturelle de Paris, se lance quant à lui à la poursuite d'un 'narval gigantesque' et se retrouve propulsé au coeur même de sa passion par le biais du capitaine Nemo dans "Vingt mille lieues sous les mers".

Enfin, si les naufragés de "L'Ile Mystérieuse" arrive à reconstruire - à partir de rien - une véritable colonie au sein d'une île perdue de l'océan pacifique ils le doivent sans conteste à la force de caractère et aux connaissances de l'ingénieur Cyrus Smith : "L'ingénieur était pour eux un microcosme, un composé de toute la science et de toute l'intelligence humaine !".

Par la bouche de ces 'savants' Jules Verne détaille à l'infini - et parfois jusqu'à l'indigestion - les différentes explorations géographiques, les découvertes en ichtyologie, en géologie ou en science humaine fidèle en cela en son éditeur, Hetzel, qui lui avait expressément demandé – à travers les "Voyages Extraordinaires" de "faire entrer la science dans la littérature".

De fait, c'est une véritable nomenclature scientifique qui jalonne les textes de Verne avec une prédilection pour les récits des explorations géographique : "Ah ! mes amis, un découvreur de terres est un véritable inventeur !" (Les enfants du capitaine Grant)

Néanmoins, si à travers "Les enfants du capitaine Grant" et "Vingt mille lieues sous les mers" la science sert surtout à montrer et à faire découvrir aux lecteurs des domaines jusque là inconnus de lui, l'importance de la science prend une connotation très pratique à travers "L'Ile mystérieuse" où – échoués sans même un couteau – sur une île déserte, les naufragés deviennent peu à peu des colons grâce au savoir de l'ingénieur Cyrus Smith.

Jules verne démontre alors que "la logique du simple bon sens" allié à des connaissances scientifiques permettent à l'homme de se sortir de n'importe quelle situation :

"Ils n'étaient alors que des naufragés, ne sachant pas même s'ils pourraient disputer aux éléments leur misérable vie ! Et maintenant, grâce au savoir de leur chef, grâce à leur propre intelligence, c'étaient de véritables colons, munis d'armes, d'outils, d'instruments, qui avaient su transformer à leur profit les animaux, les plantes et les minéraux de l'île, c'est à dire les trois règnes de la nature !"

Mais Jules Verne n'est pas dupe. Si les hommes peuvent domestiquer la nature, ils n'en seront jamais les maîtres comme le préfigure le tragique destin de l'île Lincoln; en effet : "l'homme est désarmé, devant ces grands cataclysmes." et même le capitaine Nemo se doit de s'incliner face à la puissance des éléments car : "On peut braver les lois humaines, mais non résister aux lois naturelles.".

Devant de tels bouleversements, l'homme n'est rien d'autre qu'un frêle fétu de paille entre les mains de Dieu... Un Dieu dont le nom est sur toutes les lèvres des personnages de Jules Verne et qu'ils évoquent toujours avec respect et foi lorsque les limites de la science, du bon sens et de l'intelligence ont été atteintes.

Suite...

Cet article étant beaucoup trop long pour le diffuser en une seule fois, vous retrouverez la suite de Jules Verne et les "romans de la mer" le mois prochain...

Si ce thème vous intéresse et que vous passez par Paris dans les semaines à venir, nous vous conseillons la visite de l'excellente exposition : "Jules Verne, le roman de la mer" qui se tient au Musée de la Marine jusqu'au 31 août :

Un audioguide vous sera remis avec le prix du billet. Ne le boudez pas, car c'est Jules Verne lui-même qui vous guidera au travers de l'exposition... dépaysement garanti !

Etant donné que de nombreuses rééditions des ouvrages de Jules verne viennent de paraître et qu'il en faut pour tout les goûts, nous vous proposons une édition différente pour chaque livre de la trilogie ! :

"Les Enfants du capitaine Grant", Editions Le livre de poche, (avec texte intégral... 900 pages... et illustrations de l'édition originale Hetzel) - Code EAN : 9782253160885, Prix : 7,50 €

"Vingt mille lieues sous les mers", Editions Bibliothèque Hachette, (avec texte intégral, une partie des illustrations de l'édition Hetzel de 1870 et des croquis originaux de Gilbert Maurel) - Code EAN : 9782012006218, Prix : 18,80 €

"L'île mystérieuse", Editions Actes Sud & Ville de nantes, (avec texte intégral conforme à l'édition originale Hetzel) - Code EAN : 9782742752676, Prix : 21 €

Jules Verne


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