Panorama du Livre - Etranger: Pearl Buck, Janvier 2005, Librairie - Cap 3000 - Nice, France
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Un auteur étranger : Pearl Buck
Janvier 2005

Pearl Buck, : "Vent d'Est, vent d'Ouest" - Editions Le livre de poche, EAN: 9782253004684
3.95 

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Pearl Buck, : "La mère" - Editions le livre de poche, EAN: 9782253006220

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En 1938, le prix Nobel de Littérature est attribuée pour la première fois à une femme américaine pour l'ensemble de son oeuvre. Une femme qui – de par sa connaissance de la Chine et des chinois – a permis aux lecteurs occidentaux de rendre conscience de la force, de la culture et de la beauté de cette culture ancestrale.

Pearl Buck, de son vrai nom Pearl Comfort Sydenstricker naquit le 26 juin 1892 à Hillsboro en Virginie (USA) d'une famille de missionnaire.

La petite fille avait à peine trois mois lorsque sa famille s'installa en Chine où Pearl allait passer la majeure partie de ses quarante premières années.

Eduquée à la fois par sa mère lorsque les occupations de celle-ci le permettent ainsi que par un tuteur chinois adepte des préceptes de Confucius, M. Kung, Pearl parla et écrivit le chinois aussi bien que l'anglais dès la petite enfance.

Une enfance passée dans une petite ville de province – loin de l'agitation de la capitale - en contact permanent avec la population la plus humble de la Chine; sa mère y dirigeait le dispensaire tandis que son père passait des mois à sillonner le pays en quête de conversion lorsqu'il ne traduisait pas la Bible du grec au Chinois !

Bien que la vie des Sydenstricker ne fut pas de tout repos (révolution des Boxer en 1900, fuite au Japon lors des 'incidents de Nanking en 1927) Pearl – à l'opposé de nombreux missionnaires et expatriés commerciaux – garda toute sa vie un profond attachement pour ce pays, un attachement lié certainement à un profond sens de l'observation tout à fait Confucéen comme elle l'expliqua en 1939 :

"Je ne ressens aucun besoin d'avoir foi en quoi que soit d'autre que les être humains. Tout comme Confucius jadis, je suis bien trop occupée à observer les beautés de la Nature et la vie sur Terre pour avoir le temps de penser au Paradis et aux Anges... S'il n'y a pas d'autre vie après la mort, et bien celle-ci aura au moins eu le mérite de me permettre de naître en tant qu'être humain." *1)

De retour aux Etats-Unis en 1910 afin de terminer ses études, elle sort diplômée du collège féminin Randolph Macon (Virginie) en 1914 et retourne précipitamment en Chine soigner sa mère gravement malade.

En 1917 elle épouse un jeune diplômé en économie et agriculture qui était aussi pasteur, John Lossing Buck avec lequel elle va vivre trois années dans une des plus pauvres bourgades du Nord de la Chine, à Nanhsuchou dans la province du Anhwei.

C'est de sa vie dans cette province agricole et de son observation de la vie de ses habitants qu'elle tirera le plus d'enseignement et de matière pour ses romans sur la vie des paysans chinois : "La terre Chinoise" (1931), "Les fils de Wang Lung" (1932), "La famille Dispersée" (1935) et surtout le magistral "La mère" (1934) entre autres car madame Buck a écrit tout au long de sa vie près de soixante dix romans !

En 1920, la famille Buck part s'installer à Nanking où tout deux seront professeurs à l'université et où naîtra leur unique fille en 1921, Carol. Unique... de sang seulement car Pearl Buck ayant dû subir une hystérectomie adoptera près de 7 enfants.

Les années vingt furent des années difficiles puisqu'elle dut tout d'abord affronter la mort de sa mère bien-aimée (sentiment qui transparaît au travers de la mort de la mère de l'héroïne de son premier roman), puis faire face à l'handicap mental de sa fille unique ainsi qu'aux terribles affrontements de Nanking durant lesquels la famille faillit périr et enfin à un mariage désastreux...

C'est précisément durant ces années, que Pearl Buck commença à écrire plusieurs nouvelles qui furent publiées dans divers magasines; mais ce n'est qu'en 1930 que fut publié l'ouvrage le plus caractéristique de cet auteur atypique, "Vent d'Est, vent d'Ouest".

Pour comprendre l'importance des écrits de Pearl Buck, il nous faut tout d'abord comprendre que son style fut inspirée non pas des auteurs européens mais bien par ses lectures des romans épiques chinois :

"Heureusement pour le roman chinois, celui-ci ne fut pas considéré par les lettrés comme de la littérature(...)Le roman en Chine était libre. Il naquit et grandit comme il le voulut, nourrit de la Terre, des gens du peuple, bercé au coeur de la lumière du soleil, par l'accord du public et donc vierge des vents froids et glacials issus de l'Art des lettrés." *2)

Ainsi porté par une philosophie de la terre qui, plus que tout, se devait de plaire à un public de paysans illettrés épris de merveilleux tout aussi bien que de problèmes bassement matériels, Pearl Buck construisit ses romans dans un style simple, aisément lut par un large public sans être simpliste.

A cela elle ajouta son sens de l'observation, sa parfaite connaissance des deux mondes et sa profonde empathie avec l'humain.

Sa grande réussite dans son désir de faire partager son expérience de la Chine aux Européens réside dans le fait qu'elle fut chinoise avant d'être européenne et grandit sans renier aucune de ses deux parties.

Ainsi elle pu, à travers – par exemple – "Vent d'Est, vent d'Ouest" exprimer avec une grande justesse de ton le déchirement des traditions ancestrales de la Chine face à la modernité rapportée par l'Occident, non pas en les décrivant mais - en choisissant comme narrateur le personnage principal de cette histoire - en les vivants de l'intérieur.

Lorsqu'on lit Pearl Buck, on ne regarde pas un documentaire sur la Chine, on vit le Chine, on est chinois ou chinoise... là réside le grand art de madame Buck.

Si son premier roman lui permit d'acquérir un public et fut très bien reçu par la critique, la consécration arriva avec "La terre Chinoise" , son deuxième ouvrage, qui fut un énorme succès et obtint le prix Pulitzer et la médaille Howells en 1935.

En 1934, Pearl Buck quitte la Chine pour – elle l'ignore – ne jamais y revenir :

"Personne ne passe la moitié de sa vie en Asie sans y retourner un jour (...) L'amical pays de Chine, terre de mon enfance et de ma jeunesse, m'est désormais un pays proscrit. Je refuse de l'appeler un pays ennemi. Mes souvenirs de son peuple sont trop doux, et ceux de sa Terre trop beaux." *3)

Son retour aux Etats-Unis est conditionné par trois événements; l'intensification des problèmes en Chine qui aboutiront à la révolution communiste; son rapprochement avec son éditeur avec lequel elle se mariera en 1935 et son désir de placer sa fille dans une institution lui permettant de vivre au mieux.

Grâce aux revenus de ses livres, Pearl Buck et son nouvel époux, Richard Walsh, vont acheter une vieille ferme, Green Hills Farm et adopter six nouveaux enfants (elle avait déjà adopté en 1925, une petite fille, Janice avec son précédent époux) .

Tout en continuant d'écrire des ouvrages de tout style : comédie, drame, littérature enfantine, poésie, autobiographie, traduction de romans chinois, Pearl Buck va désormais consacrer son temps et sa fortune à la création de fondations pour promouvoir l'adoption d'enfants eurasiens et aider à une meilleure compréhension entre l'Europe et l'Asie.

Philanthrope et humaniste, elle sera aussi très active dans le domaine des droits de la femme à une époque où le mouvement féministe n'existait même pas !

La vénérable Dame s'éteindra chez elle en 1973 sans avoir revu sa terre d'enfance mais en nous laissant le trésor de son témoignage, véritable pont entre Orient et occident, elle qui fut un parfait mélange ces deux mondes.

* toutes les traductions sont de béa. Pour ceux et celles qui désirent la version originale des différentes citations, les voici :

1) "I feel no need for any other faith than my faith in human beings.(...) Like Confucius of old, I am so absorbed in the wonder of earth and the life upon it that I cannot think of heaven and the angels... If there is no other life, then this one has been enough to make it worth being born, myself a human being." Pearl Buck,1939.

2) "Happily for the Chinese novel, it was not considered by the scholars as literature.(...) The Chinese novel was free. It grew as it liked out of its own soil, the common people, nurtured by the heartiest of sunshine, popular approval, and untouched by the cold and frosty winds of the scholar's art." 'The Chinese Novel' from Nobel Lecture 1901-1967

3) "One does not live half a life in Asia without return.(...)The friendly country of China, the home of my childhood and youth, is for the time being forbidden country. I refuse to call it enemy country. The people in my memory are too kind and the land too beautiful." A Bridge for passing, 1963

Pearl Buck,
"Vent d'Est, vent d'Ouest", Editions Le livre de poche - Code EAN : 9782253004684, Prix : 3,95 €

"La mère", Editions le livre de poche - Code EAN : 9782253006220, Prix : 5 €



Béa - bea@panoramadulivre.com
Janvier 2005

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