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Un succès fulgurant donc sur lequel il m'a paru intéressant de se pencher tandis que l'auteur nous accordait une interview lors du Salon du Livre de Nice. Cette histoire commence – aux yeux des lecteurs - le 17 janvier 2000 avec la parution aux éditions Robert Laffont de "et si c'était vrai..." qui se place en tête des ventes en quelques semaines et deviendra le livre le plus vendu de l'année 2000 (sources livre-hebdo). Au bout du stylo il y a un homme qui a déjà bien roulé sa bosse Un homme qui a été Directeur du réseau des secours de la Croix Rouge des Hauts de Seine où il était entré à l'âge de 17 ans comme bénévole parce qu'il aurait aimé être médecin et qu'il voulait donner de son temps pour les autres. Quelques années plus tard, c'est un homme certainement très différent qui débarque à San-Francisco pour "fédérer des énergies et des envies"* autours de ses idées comme il aime à le dire et qui va y monter deux sociétés spécialisées dans l'image de synthèse. En 1990 il perd le contrôle de ses sociétés et démissionne. Retour à Paris mais pas à la case départ car l'homme a de la ressource, des amis et de l'énergie à revendre et en mai 1991 Eurythmic-cloiselec – société innovante en matière d 'architecture – voit le jour et devient très vite l'un des cabinets d'architecture de bureaux les plus en vue. C'est donc un homme bien occupé et relativement comblé (?) par la vie qui décide un jour à 38 ans d'écrire un conte pour son fils. Un conte d'adulte que celui-ci pourra lire lorsqu'il aura le même âge que lui : "Je voulais que ce soit une histoire qu'il lise 30 ans plus tard, quand il aurait atteint l'âge que j'avais. C'était faire un pied de nez au temps" ** Sa soeur lit le manuscrit et le supplie de l'envoyer à un éditeur ce qu'il accepte de faire sans y croire. Dix jours plus tard il est rappelé par Bernard Fixot, Directeur des éditions Robert Laffont et voilà la grande aventure qui commence... Une aventure ou plutôt un rêve qui se réalise et afin d'y donner toute sa force et de ne pas trahir la pensée qu'il développe dans et si c'était vrai... il démissionne de son poste de Directeur pour se consacrer à l'écriture. Ça ne vous rappelle personne ?... et pourtant... un certain Paulo Coehlo lui aussi retranscrit dans ses romans l'importance de ne pas oublier ses rêves. Que pouvez donc faire un homme qui a cherché à dire à son fils "il faut aller au bout de ses rêves... mais pas en rêvant ! Comme je déteste les leçons de morale, j'ai essayé de faire passer cette réponse dans mon roman. Après, si je n'avais pas pris le risque d'en écrire un deuxième, tout ce que je disais dans le premier était un mensonge !"*** Effectivement on comprend alors beaucoup mieux le personnage. Un homme qui écrit des histoires dans un style qui n'est certes pas le plus littéraire qui soit mais dont le but premier est de faire passer un message ; ou plutôt deux messages : celui de croire en ses rêves et celui d'agir en être libre de ses choix, sans pour autant occulter la souffrance et le doute inhérents à ces choix : "le doute et le choix qui l'accompagne sont les deux forces qui font vibrer les cordes de nos émotions" (Et si c'était vrai...) Marc Levy écrit donc des histoires qui parlent d'hommes et de femmes qui essaient de ne pas se trahir tout en respectant autrui et cela dans l'ensemble de son oeuvre avec des mots simples qui touchent tout un chacun. Il y a fort à parier que son passé – riche en expériences diverses et variées – lui a donné matière à rencontrer un grand nombre de gens de milieux différents et cette richesse se retrouve dans ses romans dont les personnages sont à la fois complexes et proches des lecteurs.
Que se soit dans l'histoire de Lauren et Arthur confrontés à l'implacable d'une décision. Que se soit dans les récurrentes rencontres de Susan et Philip. Que ce soit dans les sept jours définis pour connaître le destin du Monde. Que soit dans la bouleversante histoire de deux êtres qui s'aiment par delà l'espace et les siècles, le temps est un véritable moteur de l 'écriture de cet homme. Un homme qui parle de la force de savoir gérer ce temps en le vivant à l'instant présent ...très bouddhiste comme concept ! mais comment s'étonner lorsqu'on apprend que ses livres de chevets à l'adolescence était La nuit des temps de Barjavel et le Petit Prince de Saint-Exupéry ? Marc levy conjugue à tout les temps le verbe aimer. Lui qui vient d'une génération où les divorces étaient légions dans une société où tout pousse à la consommation à outrance ... sans prendre le temps d'apprendre à connaître l'autre, il parle lui de "l'éternité du sentiment"**** Une force qui déplace des montagnes si on accepte de prendre ce pari insensé de s'ouvrir à l'autre, de risquer d'être déçu et trahi. Là aussi tout les romans de Marc Levy tournent autour de ce sentiment mais pas seulement de celui d'un couple. Il encense l'amitié et décrit avec pudeur la profondeur de l'amour parental. Mais d'où vient le succès de Marc Levy ? écrivais-je au début de cet article... un peu de tout cela et aussi très certainement de son amour de la Liberté, un maître mot chez un homme pour qui se trahir serait le pire des mensonges. Alors ne boudons pas notre plaisir et plongeons au coeur des romans de Marc Levy. Acceptons de lui donner un peu de notre temps, nous avons beaucoup à y gagner :-) Entrevue avec Marc Levy Vendredi 25 juin 2004 et après une arrivée décalée pour cause d'alerte à la bombe à Orly, c'est un Marc Lévy décontracté qui acceptait de répondre à mes questions ... Béa : M.Levy, en l'espace de 4 romans, vous étes devenu un auteur incontournable, qu'est-ce qui – à votre avis – séduit autant les lecteurs ? M.L (pensif) : je n'en ai pas la moindre idée... Je suis le plus mal placé pour y répondre !... peut-être parce que ça raconte des histoires... Béa : Ne pensez-vous pas que dans une société où tout pousse à l'uniformisation, votre besoin de liberté – au sens large du terme – et la façon dont vous la développez au coeur de vos romans, n'est pas une des clés de votre succès auprès des lecteurs de tout âge ? M.L : Peut-être. Je ne sais pas si c'est ça ou plutôt que les personnages de mes romans sont des gens qui n'ont pas peur de leurs sentiments, ils n'ont pas peur d'avoir des valeurs... ils sont assez culottés en amour (sourire)... ils ont des sentiments, ils y vont, ils ont cette liberté d'aimer sans avoir peur... Béa : Il semble que vous ayez une véritable obsession du temps ...d'où cela vient-il ? M.L : Mais ce thème nous poursuit tous !... c'est un référant extrêmement permanent dans nos vies : l'heure à laquelle on se lève, l'heure à laquelle on se couche... on est toujours dans le souvenir de , dans l'attende de, dans le moment de... Béa : Votre conception du temps - acceptez de vivre pleinement l'instant présent - est très bouddhiste... M.L : Il parait (sourire)... je n'appartiens à aucune religion mais si je devais en avoir une je serais certainement bouddhiste ! (sourire) Béa : Dans votre dernier roman vous explorez le monde de la peinture et de son intemporalité en même temps de 'l'éternité du sentiment'. Vous avez déclaré avoir toujours voulu savoir dessiner, pouvez-vous m'en dire plus ? M.L : Je dessine comme une pomme de terre ! (rires)... il me faut une demi-heure pour faire un rond ! (rires) Béa : On retrouve un parallèle dans tous vos écrits - simplicité du style, importance de la relation à l'autre et besoin de se réaliser par rapport à ses rêves – avec les textes de Paulo Coelho. Ce rapprochement vous semble-t-il pertinent ? M.L : ça me flatte beaucoup car c'est un très grand auteur... et un très bon copain ! mais il faudrait lui demander à lui ce qu'il en pense avant que je puisse acquiescer ! (sourire) Béa : Je sais que vous détestez parler de vous mais chacun de vos romans développe avec beaucoup de pudeur la profondeur de l'amour parental : la relation d'Arthur à sa mère, celle de Philip, Susan et Mary avec leurs enfants, celle de Dieu avec ses créatures et finalement, le lien qui unit Clara à son père à travers cette lettre splendide... est-ce votre propre paternité qui a déclenché cela ou votre rapport avec vos parents et ce qu'ils vous ont transmis ? M.L : (sourire)... certainement les deux... Béa : Vous avez déclaré que votre dernier ouvrage était, pour vous, le plus abouti... pourquoi ? M.L : Je suis d'une nature optimiste... on espère toujours que le dernier est le meilleur ! (sourires) Béa : Quel est l'auteur qui vous a le plus marqué parmi vos lectures et pourquoi ? M.L : Romain Gary. C'est un auteur extraordinaire. Il a à la fois une puissance extraordinaire et une simplicité du mot... Clair de femme est l'un de mes livres culte. Béa : Un petit mot sur votre prochain ouvrage ? M.L : non... pas avant l'année prochaine ! Béa : qu'aimeriez-vous dire à tous les lecteurs ? M.L : Je les remercie infiniment de l'intérêt qu'ils me portent... ça me touche beaucoup qu'ils lisent mes bouquins et j'espère continuer à ne pas les décevoir ! (sourire) Un site sur Marc Levy : http://imnamylaine.free.fr/marclevy
* source : Elle magazine, 19 novembre 2001 Liste des ouvrages :
Marc Levy "Où es-tu ?", Editions Robert Laffont, Pocket - Code EAN : 9782266122696, Prix : 6 euro
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