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Véritable 'artificier du verbe' créateur de la "Fronde des Poètes", animateur sur Canal 40 de la seule émission française consacrée à la Poésie, Victor Varjac est – entres autres – l'auteur de recueils de Poésie tel que "La chair du néant", "Les amants du silence", "Fleurs sauvages" ou encore "Les portes du Chaos" (joué à Paris en 1993). A propos de Victor Varjac...
Artiste impatiente comme un ogre affamé, brûlante comme l'éclair qui zèbre la joue de la nuit, vagabonde comme le rêve, sans carte ni boussole... Ile Eniger nous propose son nouveau recueil au titre évocateur : "Il n'y aura pas d'hiver sans tango, mon amour !" Pour cette boule de feu, le bruit , l'agitation, cette foule disparate des choses insignifiantes et inutiles, ne peuvent définir l'instant comme un lieu primordial où la parole devient un visage. Face à tant d'incohérences, le poète s'interroge : "Qu'est ce qu'on fait là ?" Si l'écriture peut être la première syllabe d'une réponse, l'amour, dimension de l'absolu, dessine la silhouette de ce que la vie réclame. Phénix, il renaîtra au milieu de l'étreinte entre la douleur fauve et le ciel immense. Les voyages immobiles de l'auteur sont autant de promesses, autant de racines accrochées à la carapace des secondes, autant de coupables espérances... mais comment retenir l'amour au pays du cœur ? Les mots semblent plus aptes, plus simples à surprendre la vie et à la couvrir d'étoiles... mais le désir hurle... la chair pousse dans la fièvre des mains jusqu'au feu des lèvres. L'heure n'a pas su attraper l'étoile qui passe... Ce fut juste une poignée d'ivresse, il ne reste plus qu'à la plume d'euthanasier la douleur sur le lit d'une page. Ile Eniger, avec beaucoup de pudeur, cache sous les ailes des mots la morsure insoumise de l'épine de feu. Le bonheur ne se tient jamais au centre de notre chemin. Pour le poète, il suffirait d'une étincelle minuscule portant l'infini dans son ventre pour que le monde bouscule les murs de la raison et qu'enfin la première journée sans chimères, surgisse des sables de son devenir. Alors seulement, son espagnol, marée des Equinoxes, Prince des légendes, Seigneur des étoiles, métamorphoserait le vide et rendrait au monde sa liberté. On pourrait lire alors cette phrase à la craie bleue : "L'amour a perpétué mon pays"
"L'inconnue a oublié son nom. Elle ne garde de la bibliothèque que quelques préférés. Derrière elle, l'éboulement des jours fracasse les bonheurs. Ne te retourne pas, tu sais le poids des choses. Au centre vit le feu, mais plus lent, avec ce point de bleu pour la lumière froide. Va, et pour l'embrasement, il suffit d'une étincelle, d'un projet même d'étincelle."
Ile Eniger : Textes poètiques, "Il n'y aura pas d'hiver sans tango, mon amour !", Aux Editions du Chemins de plume, Prix : 8 euro
"Danse avec les mots" est un recueil d'une superbe légèreté où les vers se jouent de notre quotidienne pesanteur. Le poète suspend le tic tac des pendules et le ciel lui –même semble retenir sa respiration. L'artiste effleure les images, leur laissant cette douce et insouciante liberté... c'est ainsi qu'une larme de lune/Est tombée/Sur le banc." Il existe une relation presque indicible, entre l'encre de la feuille et le bonheur de vivre. Nous sommes à des années lumière de ce monde cruel, hypocrite et sans pitié que nous côtoyons chaque jour. Nous nous trouvons dans une oasis où les images n'ont pas quitté l'univers de l'enfance. Ces petits poèmes surgis tout droit de la lumière sont un baume pour nos cœurs éprouvés.
"Nous sommes le commencement du monde Elda Lazzini, "Danse avec les mots", Editions Panthéon, 13,20 euro
Mais aussi :
Ce recueil est le voyage d'un cri lancé à la multitude, un chant solitaire enfermé dans l'armoire des jours. Le poète renverse les mots de la nuit pour oublier sa blessure. Qui versera le mauvais alcool des bordels derrière lequel les prostituées ressemblent à la première femme ? Sirènes des caniveaux aux prunelles de braises, vous mentez jusque dans mon ventre... Eric Florent se révolte contre cette vie et use de toutes ses forces la réalité. Ces poèmes retracent la marche lente et sinueuse d'un être qui, très tôt, a brisé le vitrail de son âme à la roulette de l' existence. L'artiste a quitté le mirage de Gand, puis s'est précipité avec ce qui restait de sa vie, dans les labyrinthes du Vieux-Nice. Mais comment, sous les forges d'Azur, reconstruire le puzzle d'un cœur, zébré par la peur viscérale d'un échec qui obstrue l'avenir ? A perdre sa vie chaque jour, le poète s'est trouvé face à l'aube aux yeux noirs et c'est à la lueur de cette porte sauvage qu'Eric Florent traversa la porte du verbe. Fou d'amour jusqu'au délire, le poète brise sa plume pour que le sang de son âme se répande et guérisse enfin sa blessure. Mais cet artiste sait qu'il appartient aux temps anciens et chaque nouvelle épreuve symbolise à la fois le début et la fin d'une aventure : Autant de naissances et de morts que la Roue de l'univers peut moudre dans le cercle de son éternité. Poèmes déchirant où les pas de l'amour ont parfois un prénom, Aïcha, ou sont aussi anonymes que la douleur. A découvrir absolument.
"Un jour en marchant
Eric Florent, "Les poèmes Hérétiques", Editions du Chemins de Plume, Prix : 8 euro
L'arbre symbolise l'humaine prière qui apaise sans doute le courroux des Dieux en offrant son corps en sacrifice, mais l'homme qui passe, ne remarque presque jamais ce voyageur insolite qui tend ses bras vers un ciel qu'il n'atteindra jamais. Heureusement Manoëlle Miquel-Regnault vient de faire paraître "L'arbre nu", véritable témoignage passion qui saigne comme une vivante douleur. Ouvrez ce recueil, tournez doucement ces pages qui murmurent l'ébauche des paysages et la brûlure du soleil aux heures de nos cadrans. La sève monte au front telle une grâce. L'arbre soudain apparaît drapé du silence millénaire de la création. Il porte la rencontre et le geste du rêve de l'univers végétal. Passeur encore inconnu des royaumes secrets, il est une fontaine intarissable d'air pur et de lumière. Voyageur abusé par ces pendules folles, fais donc une halte sous les frondaisons où l'ombre ébauche sans cesse de nouveaux nuages. Le poète trouve le mot juste pour atteindre le lecteur et l'encourager dans sa lente et merveilleuse découverte. Le temps s'apaise à cette lecture qui craque la gangue d'argile des paupières. Ce recueil admirable possède le charme de la réconciliation. En de poèmes courts, limpides, l'auteur nous emporte au cœur même de l'écorce. En refermant ce livre, lecteur tu marcheras sous la patience du ciel, dans les champs cosmiques, avec la foi de ton frère... "l'arbre nu" .
"Je fais appel
Manoëlle Miquel-Regnault, "L'Arbre nu", préface de Jean-Marie Pelt, Editions Bénévent, Prix : 10 euro
Gérard Pons ressemble au paysage qui l'entoure : face burinée, traits malicieux où sommeille toujours une étoile, yeux pétillants comme du vin nouveau, cheveux blanchis par les voyages et la sagesse et toujours cette enfance qui coule dans ses veines comme la sève du printemps sous l'écorce des oliviers centenaires. Ce poète, vagabond du verbe et des continents, nous propose aujourd'hui un magnifique recueil "Farandole Provençale". Cette édition bilingue, poèmes traduits en provençal par Andriéu Resplandin et illustré par Jean Arène sur un support papier qui pose sa couleur caramel comme l'aubier d'un arbre frais, nous entraîne au cœur même de la magie. Poèmes courts mais d'une telle richesse, car derrière chaque mot palpite un monde inconnu. Quelques vers et vous n'appartenez plus à la routine du quotidien ! N'entendez-vous pas "le chant du mistral", la pluie sur les filets, les platanes qui "sonnent la fin de l'été ou l'horizon qui tire son rideau violet ? La simplicité du mot cache toujours une émotion plus subtile et plus vive. Attention, lecteur, de ta marche silencieuse dépendra le succès de tes découvertes, si tu n'ouvres pas sans réserve ton cœur, cette farandole provençale risque de garder ses secrets !. Heureusement le poète a mis tant d'amour dans ses pages que ton œil ouvrira les mains calleuses du temps pour te serrer dans les bras de cette promenade, où "les pierres aussi / savent retenir l'amour", car "les Dieux aussi / ont la faiblesse / des escales heureuses".
"Quand les platanes sonnent la fin de l'été
Gérard Pons, "Farandole Provençale". Poèmes traduits en provençal par Andriéu Resplandin, illustrés par Jean Arène, aux Editions de la Nerthe, Prix : 25 euro
Ce n'est certes pas nouveau et pourtant on ne le répète jamais assez, le chat , ce félin miniature, est bien plus qu'un "joli presse papier vivant", il est le passeur du poète qui oscille sans cesse entre l'imaginaire et le réel. Jean-Michel Sananes nous permet de découvrir un véritable petit bijou de fraîcheur, d'espiègleries et de jeux de pattes et de mots. Véritable histoire passion entre l'artiste et sa majesté le chat. La silhouette de ce merveilleux compagnon de vie trouve sa place à chaque page ou presque de ce petit recueil riche en tendresse. Ah ! si le chat pouvait parler, se lamentent certains. Le poète répond que cet admirable compagnon, qui nous traite d'égal à égal, dépasse la parole trop courte et impuissante à exprimer les sentiments véritables et profonds. Jean-Michel Sananes nous livre son intimité avec ses chats. Son verbe souple, joueur et pur, nous montre que cet animal à quatre pattes est un univers à lui tout seul et que dans ses yeux, si nous savons regarder, nous apercevons les deux ailes de notre âme. Un recueil à mettre entre toutes les mains. Un cadeau pour les petits et les grands.
"Vieux chat cueilleur de lune
Jean-Michel Sananes, "Chats ! Chats ! Chats", Editions du Chemins de Plume, Prix : 8 euro
"Etre vivant ou la poésie d'une âme en colère" Cet anglais symbolise parfaitement la poésie en marche dans une Angleterre post-victorienne où le corps et le sexe sont tabous. Le poète apprend la vie entre une mère, ancienne institutrice et un père qui ne remonte de la mine de Nottinghamshire, que pour tomber dans le puits de l'alcool. Le jeune homme rencontre Jessie Chambers, fille d'une famille de cultivateurs avec laquelle il partage sa passion pour la littérature. Il soumet tout naturellement ses premiers poèmes à Jessie. Emerveillée, elle envoie cette poésie "toute neuve" à l'English Review de Ford Madox Hueffer, ce dernier repère aussitôt un nouveau talent. D.H. Lawrence devenu petit instituteur se retrouve alors au cœur du monde littéraire londonien, mais notre fils de mineur n'est attiré ni par les mondanités, ni par l'enseignement qu'il quitterait bien sans remords pour se consacrer à l'écriture à plein temps. Cette poésie qui lui colle à la peau comme l'air aux poumons enfiévrés par la tuberculose, le rapproche des socialistes et des libres penseurs, sans oublier les féministes. Dans cette Angleterre hypocrite, il voudrait que le citoyen retrouvât sa dignité où les jambes nues de la liberté apporteraient enfin la lumière et le sourire de la vie. Sa mère disparaît, emportée par un cancer en 1910, ce qui bouleverse le poète, qui écrit, presque aussitôt un roman autobiographique "Paul Morel" qui prendra le titre définitif de "Amants et fils" (1912). Jessie accepte de relire et de corriger ces pages bouleversantes. Soudain, l'amour frappe à la porte et foudroie littéralement, d'un éclair réciproque Frieda von Richtofen et David Herbert. Cette jeune femme a trois enfants, un mari et un cœur si grand qu'aucun obstacle ne saurait lui résister. Elle se penche sur l'écriture du poète et Jessie blessée, par ce nouvel amour, s'éloigne définitivement. C'est alors que commence, ce que nous pourrions appeler "la marche de l'exil" sous la bannière inviolable de l'amour. Le 14 juillet 1914, il peut enfin épouser Frieda, sous le regard des hommes. Ce couple modeste fréquente des êtres étonnants : E.M. Forster, Aldous Huxley, Virginia Woolf, T.S Eliot, Katherine Mansfield. C'est alors que le poète pose les véritables questions : Pourquoi l'argent ? Pourquoi la guerre ? Pourquoi cette existence de misère ? Pourquoi ce bagne éveillé ? La santé précaire, l'exempte du service militaire, mais les autorités le montrent du doigt. Il décide de quitter cette Angleterre trop étroite de cœur pour l'Amérique... mais on lui refuse un passeport. On soupçonne le couple d'être des espions. Les pacifistes sont toujours les bêtes noires d'une société en guerre. A ces tracas quotidiens, s'ajoutent les problèmes financiers de plus en plus préoccupants. Le poète s'adresse aux amis pour combattre la misère qui s'accroche à leurs jours, et comme un ennui ne vient jamais seul, Lawrence contracte le virus de la grippe espagnole. Les voyages seront peut–être un remède. L'Italie, Ceylan, l'Australie, le nouveau Mexique reçoivent tour à tour notre couple d'artistes. Invités par une riche américaine Mabel Dodge-Luthan, Lawrence reprend goût à la vie, ouvrant en ces eaux plus calmes, la fenêtre de la nostalgie. Hélas, la maladie veille. Nous sommes en 1925, où après une crise aigüe de Malaria, le médecin lui confirme que la tuberculose a encore gagné du terrain. Il propose le Sud de l'Europe, l'Italie, bien entendu avec ses trésors et son climat favorable à une éventuelle guérison. Après la botte italienne, notre poète atteint les midlands. Il découvre une situation sociale terrible où règnent la famine, la grève et les émeutes. La Police saisit des manuscrits dont "l'Amant de Lady Chatterley" qu'il publiera sur le tard à compte d'auteur ! Aujourd'hui, en ouvrant son recueil "Etre vivant", que lit-on ? La liberté, le sang qui hurle à l'injustice et qui ne cesse de maudire la grande machine sociale à broyer la vie, nos vies ! La démocratie n'est qu'un leurre, un sourire vicieux qui n'a pour but que de soumettre l'individu, sans jamais lui offrir la possibilité de vivre comme il l'entend, c'est à dire d'atteindre de statut d'homme. Alors le poète se révolte et jette le verbe à la face de cette hypocrisie criminelle. Il nous faut conquérir ce que l'on nous refuse et pour cela, nous possédons nos mains mais aussi notre cœur. Le profit, le pouvoir, l'argent gagné par le labeur des autres, ne construit que le cauchemar de la misère et l'amertume des jours. David Herbert Lawrence nous parle avec cette passion qui anime, les êtres purs, amoureux de la liberté et assoiffés de lumière. Cette parution aux Editions du Rocher rend hommage à celui qui s'est éteint à Vence, à deux pas de chez nous, en 1930.
"Il faut avoir un peu d'argent A découvrir absolument. David Herbert Lawrence, "Etre en vie" (Recueil de poèmes), Editions du Rocher, Collection Anatolia, Prix : 21 euro
Mais également dans la même collection :
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