Panorama du Livre - Classique: Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre, Mars 2004, Librairie - Cap 3000 - Nice, France
Retour à l'accueil...
Accueil
Promotion
Commande
Librairie
Services
Archives
Recherche

BD Livres

Recherche avancée
Mode d'emploi
Conditions de vente

Voir aussi

La Carte de fidélité

Envoyer cette page

Vos commentaires

Archives du Panorama du Livre
Attention : cette page fait partie des archives de panoramadulivre.com.
Suivez ce lien pour l'accueil du nouveau site du Panorama du Livre...

Un classique : Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Mars 2004

Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre : "Paul et Virginie" - Classique Bordas, EAN: 9782040282943

Commander ce livre...
Je me promenais dans la Librairie lorsque je tombais sur "Paul et Virginie", oeuvre classique s'il en est et que j'avais lu il y a de cela fort longtemps. Néanmoins, l'évocation même du titre me replongea dans la tendresse que j'avais alors découverte à sa lecture et je décidais donc de la choisir comme l'oeuvre classique du mois afin de vous faire partager mon plaisir...

Humaniste ou profiteur ?

L'homme est ambigu, jugez plutôt.

Né au Havre en 1737, il fut dés l'enfance attirée par la nature et l'immensité des flots. Son biographe, M. Aimé-Martin explique qu'il lia très tôt des rapports fraternels avec les animaux et la nature et qu'à 9 ans il entreprit de devenir Hermite... durant quelques heures !

Néanmoins, il s'embarqua à l'âge de 12 ans avec son oncle en direction de la Martinique d'où il revint profondément déçu des colonies et horrifié par l'esclavage.

Après des études de mathématiques, il fut envoyé dans différents postes comme ingénieur du roi : Malte, la Hollande, la Pologne, l'île de France (île Maurice) et la Russie où son caractère capricieux, intéressé et pédant ne fut guère apprécié.

De retour à Paris à 34 ans, il y vivra misérablement jusqu'à sa rencontre avec J.J. Rousseau – dont il deviendra l'un des plus fidèles disciples – et qui le poussera à l'écriture.

Il publie tout d'abord – sous formes de lettres – Le Voyage à L'Isle de France (1773) où l'on distingue déjà son talent descriptif qui ravira les lectures de Paul et Virginie.

Dix ans plus tard, en 1784, il réitère avec ses Etudes de la nature – plus que fortement inspiré des thèses de Rousseau - qui obtient un vif succès auprès de ses contemporains.

"La solitude ramène en partie l'homme au bonheur naturel, en éloignant de lui le malheur social"
J. H. Bernardin de Saint-Pierre
Mais le véritable succès arrivera 3 ans plus tard avec la publication de Paul et Virginie dont la sensiblerie alliée à la trame dramatique et à l'exotisme remporta tous les suffrages.

Ce succès , et son arrivisme (il fut tour à tour royaliste, révolutionnaire et fervent défenseur de Napoléon) lui permettront ainsi d'être nommé intendant du jardin des Plantes en 1792 et professeur de morale républicaine en 1794. Il recevra même la légion d'honneur en 1806.

Il est étonnant de noter qu'un homme dont le succès est venu d'un ouvrage prônant la vertu et la tolérance fut lui-même si éloigné de son vivant des vertus qu'il disait professé : égoïste et, comme l'écrivait Sainte-Beuve "atteint de quelque manie et marqué de mesquinerie et de petitesse". Ou peut-être l'aigreur était-elle le prix à payer pour une âme trop exaltée et à la recherche perpétuelle d'une terre idéale.

Paul et Virginie : la beauté d'un amour dominé par la vertu

Mais laissons là l'homme pour aborder ce texte empreint de douceur et d'exotisme.

B. de Saint-Pierre a l'oeil du naturaliste allié à celui d'un artiste. Son texte foisonne de détails et de la richesse de l'Ile de France mais il ne se perd jamais dans des descriptions inutiles.

Tout comme les tableaux de la confrérie Pré-Raphaelite, il coordonne les détails picturaux vers un ensemble harmonieux tout à la gloire de la beauté de la nature et à travers elle, du créateur.

Le texte est remplit d'exemples montrant la prépondérance de la vertu issue d'un contact constant avec la nature à l'opposé de la médiocrité et de corruption de la vie en société.

Les mères de Paul et de Virginie représentent deux femmes trahit par les hommes et la bienséance qui trouvent toutes deux refuges aux colonies.

Ne disposant que de peu de biens et ayant vécut de semblables déconvenues, elles deviennent amies et décident de s'en remettre entièrement à Dieu en vivant des produits de la terre sans se lier outre mesure avec les autres habitants de la colonie si ce n'est un Hermite, le conteur de cette histoire.

Paul et Virginie sont donc élevés comme frère et soeur au coeur d'une nature bienveillante, édulcorée et exotique qui n'est pas sans rappeler le jardin d'Eden.

Dès lors, leurs esprits non-corrompus par les vices inhérents à la société des hommes font d'eux des être vertueux et bons dont le seul souci est le bien-être d'autrui. On retrouve ici toutes les thèses chères à Rousseau sur l'état d'innocence et sur l'éducation fondée non sur les principes de la vie en société mais découlant d'une vie naturelle.

Le malheur arrive d'ailleurs par la vieille tante riche restée en France et qui se prend soudainement d'affection pour Virginie au point de la vouloir auprès d'elle.

Virginie, être pur s'il en est, se retrouve alors au coeur de la corruption de la vie parisienne. La douleur d'être séparée des siens et de ne pouvoir faire le bien – rendant dès lors sa vie inutile - transparaît alors cruellement au travers de la seule lettre qu'elle parvient à envoyer à sa mère.

Malgré la tragédie qui achève cette oeuvre, la récompense d'une vie de vertu entièrement remise entre les mains du créateur se révèle à la fin de l'ouvrage avec l'envol de Virginie et des siens vers un paradis amplement mérité et le désespoir de ceux qui se retrouvent privés de leurs bontés.

De même B. de Saint-Pierre, en véritable moraliste, dépeint l'agonie de la tante par qui le malheur est arrivé et qui se retrouve aux prises avec l'enfer sur terre.

On a beaucoup conspué le style souvent 'ampoulé' de l'auteur, ses digressions inutiles et ses paradoxes (en particulier en ce qui concerne les livres tour à tour encensés et critiqués) mais il nous faut replacer l'auteur dans son contexte.

Epris d'absolu le but avoué de l'auteur – au coeur d'une société corrompue et bientôt remise en question par la révolution de 1789 – n'est rien de moins que de dénoncer les abus de pouvoirs et la force du retour à une vie naturelle.

Une gageure ? Certainement mais qui nous permet de disposer désormais d'un texte émouvant d'une grande beauté et qui ne laissera personne insensible.

"Vous autres Européens dont l'esprit se remplit dès l'enfance de tant de préjugés contraires au bonheur, vous ne pouvez concevoir que la nature puisse donner tant de lumières et de plaisirs. Votre âme, circonscrite dans une petite sphère de connaissances humaines, atteint bientôt le terme de ses jouissances artificielles : mais la nature et le coeur sont inépuisables."
J. H. Bernardin de Saint-Pierre

Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre, "Paul et Virginie", Classique Bordas - Code EAN : 9782040282943, Prix : 5 euro




Béa - bea@panoramadulivre.com
Mars 2004

Classiques

  • Jules Verne
  • Pétrarque
  • Chrétien de Troyes
  • Théophile Gautier
  • Alain Fournier
  • Tout les auteurs...
  • Base de données du Panorama...
  • Aussi
  • Edito du mois...
  • Événements...
  • Victor Varjac: La page du poète...
  • Sélection: six ouvrages...
  • Nouveautés: livres de poches...
  • Sélection BD: deux albums...
  • Sélection jeunesse: deux albums...
  • Auteur: Laurent Mauvignier...
  • Classique: J. H. Bernardin de Saint-Pierre...
  • Etranger: Michael Moore...
  • Invité: Alain Chirez...
  • La Carte 5%...


  • (Accueil) (Promotions) (Librairie) (Services) (Commandes)
    © Copyright 2004, Le Panorama du Livre - www.panoramadulivre.com