![]() |
|
|
| |
| Recherche | |
| BD Livres | |
|
Recherche avancée Mode d'emploi Conditions de vente |
|
|
| |
|
Voir aussi
|
|
|
|

|
Monsieur Claudel vient d'une région que d'aucun qualifie de 'grise'. Une terre âpre et pluvieuse dominée par le souvenir de la 'grande guerre' de 14-18 et où la vie s'écoule avec lenteur. Une région désormais sinistrée mais qui garde le souvenir de son incroyable essor durant le XIXème siècle grâce à sa sidérurgie et la fierté d'être la patrie de Jeanne d'Arc, Georges de La Tour ou Henri Poincaré. La Lorraine c'est aussi l'andouillette et la mirabelle d'où est tiré un alcool propice aux épanchements émotifs au fond d'un bar où des 'anciens' jouent aux cartes, l'une des 'carte de visite' de l'écriture de P.Claudel. Car lire Philippe Claudel c'est d'abord pénétrer à l'intérieur de cette France du Nord. Au fil des pages de tous ses romans des images se dévoilent. Des images qui disent la beauté et la fragilité d'un pays où la douceur de vivre n'a d'égal que la chaleur de l'accueil de ces habitants et où la Nature, mélange de terre et d'eau, est omniprésente. En effet dans tous ses textes on retrouve la Meurthe ou le Sânon dont le cours, tantôt paisible, tantôt tumultueux, est à l'image de la vie qui s'écoule entre ses bras. Peu d'auteurs auront ainsi pris le temps de décrire avec autant de précisions et d'amour la Lorraine et si P.Claudel a choisi de ne pas quitter cette région c'est autant pour pouvoir mieux la décrire que pour en être une partie de sa mémoire. La mémoire des humbles Philippe Claudel a un sens de l'observation hors du commun. Ses romans regorgent de 'gueules cassées'. Il n'a pas son pareil pour décrire les gens du commun. Ceux que l'on croise dans la rue sans même les voir, nos 'alter ego' humains aux prises avec l'implacable réalité de la vie : ses joies, ses douleurs, ses regrets, l'absence et l'amitié. Lentement - par petites touches qui paraissent de prime abords insignifiantes – il dépeint, derrière le sourire de façade, les drames qui jalonnent une existence. On est toujours pris au piége dans les romans de Claudel. Non pas un piége sournois et malsain mais plutôt une lente montée dans les circonvolutions de l'âme humaine qui laisse le lecteur enchanté et ému de s'être laissé prendre. Ses textes ne font pourtant pas étalage du bonheur loin s'en faut. Ses sujets sont durs et son ton souvent sombre mais ils recèlent suffisamment d'humanité pour toujours s'achever sur une note ensoleillée d'espoir. Il n'est pas donné à tout le monde de parler ainsi de sujet aussi grave que la mort d'un proche et d'arriver à achever le roman dans un sourire. Cela demande plus qu'une bonne écriture. Ça demande un véritable amour de l'espèce humaine. Un amour vrai, celui qui - loin d'idéaliser – voit les faiblesses et les errements mais a suffisamment de compassion et d'empathie pour ne jamais juger. Philippe Claudel possède sans nul doute cet amour et ses textes sont suffisamment forts pour que l'on ne puisse ignorer que son propre chemin a été tortueux. Ce professeur de français, qui enseigne à des enfants handicapés moteur, garde toujours de vue le but de son travail d'écrivain : "Je crois beaucoup à la mémoire. J'ai le sentiment d'une dette, d'écrire pour ceux qui ne sont plus là". Pour en savoir plus :
Deux articles à lire sur Philippe Claudel : Un site sur sa région : http://www.en-lorraine.com
![]()
Les ouvrages de Philippe Claudel : "Quelques-uns des cent regrets", Editions Balland - Code EAN : 9782715812543, Prix : 14,48 euro "J'abandonne", Editions Balland - Code EAN : 9782715813120, Prix : 11,43 euro "Les Petites Mécaniques", Editions mercure de France - Code EAN : 9782715223745, Prix : 13,80 euro
"Les âmes grises", Editions Stock -
Code EAN : 9782254056039, Prix : 18,80 euro
|
|||||