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"j'ose presque assurer que l'état de réflexion est un état contre nature, et que l'homme qui médite est un animal dépravé." "tout progrès incontrôlé provoque une rupture entre l'homme et son milieu et met en danger le développement harmonieux des espèces." La position de Jean-Jacques Rousseau quant à la nature se trouve exactement à l'opposé de Denis Diderot. Tant pour le premier, celle-ci n'a pas de 'but' précis autre que celui de la préservation de l'espèce; autant pour Jean-Jacques Rousseau tout vient, découle et retourne à la nature et c'est par elle que nous apprenons notre état d'être humain pensant. Pour lui, sa contemplation élève l'âme. Etant à la base de la vie, elle est un véritable asile pour les êtres humains qui - pour Jean-Jacques Rousseau - sont naturellement bons de naissance et ne sont pervertis que par le contact avec les sciences et la ville. De là découle le mythe du 'bon sauvage'. Un thème qui sera repris longuement tout au long de la fin du XVIIIème siècle et le début du XXème avec ses cortèges de jungles accueillantes et d'autochtones au coeur pur victimes des affreux blancs colonialistes. Jean-Jacques Rousseau était herboriste et botaniste et ses longues promenades au coeur de la nature ont largement inspiré ses théories. Un nouveau type d'éducation "La vérité générale et abstraite est le plus précieux de tous les biens. Sans elle l'homme est aveugle; elle est l'oeil de la raison. C'est par elle que l'homme apprend à se conduire, à être ce qu'il doit être, à faire ce qu'il doit faire, à tendre à sa véritable fin." L'importance qu'il donne à l'influence de la nature sur l'être humain est telle qu'on la retrouve au coeur de ce qu'il estime être le système éducatif idéal et qu'il expose longuement dans l'Emile livre qui sera interdit tant en France qu'à Genève pour sa prise à parti des religions révélées et sa critique de la hiérarchie de l'Eglise. Le moins que l'on puisse dire est que son texte révolutionne l'image de la pédagogie. Pour lui, l'enfant possède en lui la juste loi naturelle et il ne faut en aucun cas lui inculquer des valeurs issues d'uns société corrompue par l'intellect. L'enfant est, pour Jean Jacques Rousseau, un pilier qui - en étant bien éduqué - permettra de régénérer l'humanité toute entière. Pour ce faire, l'enfant doit être guidé à son rythme et sans aucune violence vers des valeurs saines de vertu et de compassion inspiré de sa contemplation de la nature et seul ce système pourrait lui permettre de devenir un adulte autonome en adéquation avec sa nature profonde ... tout un programme ... Un rebelle dans l'âme... mais aussi un visionnaire "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire: Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eut point épargné au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eut crié à ses semblables: Gardez-vous d'écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la Terre n'est à personne." Jean Jacques Rousseau était un rebelle dans l'âme. Non content de s'attaquer à l'éducation, il s'attaque avec le Contrat social à la structure même de la société, dénoncent d'une même voix les injustices sociales et le caractère abusif de la monarchie et prônant un renouveau moral et politique total. Il fait l'apologie de la liberté qui lui est si chère: «L'homme est né libre et partout il est dans les fers; comment ce changement s'est-il fait? Je l'ignore. Qu'est-ce qui peut le rendre légitime? Je crois pouvoir résoudre cette question». Rousseau rejette alors toute autorité reposant sur les privilèges de nature ou sur le droit du plus fort. Pour Jean Jacques Rousseau, la société idéale est une démocratie ou le peuple est souverain tout en étant gouverné par des hommes politiques au service du peuple et nommé par lui. Ca ne vous rappelle rien? il s'agit ni plus ni moins que des bases de notre démocratie moderne. Il est d'ailleurs utile de rappeler que plusieurs pays se sont inspirés Du contrat social pour poser les bases de leur propres constitution, par exemple, les Etats-Unis. Un point souvent peu abordé à son sujet me semble néanmoins des plus intéressant et est repris dans l'excellente introduction du contrat social par Bruno Bernardi aux éditions GF Flammarion. Dans l'oeuvre à caractère politique de Jean Jacques Rousseau les questions qu'il pose sont au moins aussi intéressantes que les réponses qu'il apporte. Tout comme s'il laissait au lecteur la possibilité de faire son chemin lui-même. Loin d'être pessimiste, Jean Jacques Rousseau fait montre au contraire d'une grande confiance en le devenir de l'homme, celui ne pouvant pas posséder d'esprit de perversion. L'homme étant naturellement doué de bonté, il ne tient qu'à lui de prendre le parti de la liberté personnelle et sociale. La pensée de Jean Jacques Rousseau s'étale sur près de 16 000 pages et son influence tant sur la littérature, l'instauration de la démocratie que sur les débuts de la psychanalyse n'est plus à démontrer. De l'homme et de certains de ses agissements : abandon de ses enfants, paranoïa latente - on peut douter et avec raison - mais en ce qui concerne son apport à la société actuelle et son indéfectible amour de la vérité là, on ne peut que s'incliner... avec respect.
![]() Un site (parmi tant d'autres) particulièrement intéressant tant sur l'homme que sur l'oeuvres de Jean-Jacques Rousseau : http://rousseau.unige.ch/
Jean Jacques ROUSSEAU : "Du contrat social", Editions Flammarion GF - Code EAN : 9782080710581, Prix : 3,50 euro "Rêveries du promeneur solitaire", Editions le Livre de Poche - Code EAN : 9782253160991, Prix : 3,05 euro
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