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L'amoureux de la liberté De cette enfance dans une terre violente, Jorge Amado retirera très vite cette prise de conscience aigu de la lutte des classes si chère à la majorité de son oeuvre : "Tout mon enfance et mon adolescence, c'est le cacao. Et les luttes, les violences de cet univers". Les Jésuites chez lesquels il est envoyé voient en lui un futur prêtre... lui, il se voit surtout libre! et s'échappe. De petit boulot en petit boulot, il se retrouve journaliste à Rio et publie en 1931 à l'age de 19 ans, son premier roman : Le pays du canaval. Puis, viennent très vite les livres qui vont tout à la fois faire de lui l'auteur célèbre que l'on sait... et être la cause de tous ses malheurs : Cacao (1933), Suor (1934), Bahia de tous les saints (1935). Des romans où soufflent tout à la fois le lyrisme et l'esprit révolutionnaire : "Qu'une grève arrive, il se jettera tout entier dans le mouvement. Et il reconnaît alors que la seule révolte valable et la seule satisfaisante, c'est la révolution. C'est du moins la conclusion de l'auteur ( ... ) Et le livre tout entier est écrit comme une suite de cris ou de mélopées, d'avances et de retours. Rien n'y est indifférent. Tout y est émouvant" Albert Camus (Alger Républicain, 9 avril 1939). Emouvant au point que très vite, engagé aux côtés des communistes, Jorge Amado deviendra gênant et sera expulsé de son pays bien-Aimé. Jusqu'en 1953, ce ne seront que des départs en catastrophes et des retours sans avenirs pour ce communiste convaincu dont le courage et la détermination seront couronné par le Prix Lénine en 1951. L'amoureux de la vie L'année 1956 amorce un changement radical chez l'auteur qui abandonne le réalisme cru pour aborder des thèmes beaucoup plus joyeux et plus drôle mais même si l'humour devient une constante dans ses romans, il n'en perd pas moins de vue son but ultime : la libération des opprimés et l'humour y est utilisé dans ce sens : "Il s'est mis à exister dans mon oeuvre et à être utilisé comme une arme, la plus efficace de toutes, pour dénoncer le présent et défendre les intérêts du peuple, une constante de tous mes livres..." Dès lors, Jorge Amado parlera de la vie dans l'état de bahia à travers Gabriela, girofle et cannelle (1958) et surtout Dona Flor et ses deux maris (1966). Il va parler de la vie et de ses deux pendants indissociable : l'amour et la nourriture en décrivant les merveilleuses métisses et en parlant avec une infinie tendresse des prostituées bahiannaise. Je vous conseille d'ailleurs particulièrement le livre écrit par sa fille Paloma Jorge Amado La cuisine Bahianaise dans l'oeuvre romanesque de Jorge Amado, mélange de recettes de cuisine et d'extrait de textes de son père. Dès lors, mélangeant les saveurs, les odeurs, les couleurs et les cultes, il montre la véritable richesse d'un pays immense, infiniment pauvre et beau à la fois, un pays dont la véritable richesse se trouve dans le métissage. A sa mort en 2001, il laissa une oeuvre foisonnante et riche, véritable témoin et porte-parole de tout une époque, de tout un peuple. Un auteur à découvrir... Pour en savoir plus : http://authologies.free.fr/amado.htm
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